Archetypal pedagogy

L'archetypal pedagogy, ou la pédagogie archétypale, est une pédagogie basée sur la psychologie analytique développée par Carl Gustav Jung et mise en principe par de nombreux auteurs.



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L'archetypal pedagogy, ou la pédagogie archétypale, est une pédagogie basée sur la psychologie analytique développée par Carl Gustav Jung (1875 - 1961) et mise en principe par de nombreux auteurs. Les pères fondateurs de cette théorie sont Clifford Mayes et Frederic Fappani.

L'archetypal pedagogy repose sur trois concepts clefs : le chemin, la rencontre des archétypes et le travail sur soi (recherche archétypale).

La théorie de l'archetypal pedagogy

L'archetypal pedagogy a été mise en principe essentiellement par deux auteurs. Par Clifford Mayes, Docteur et Professeur en sciences de l'éducation à la Brigham Young University, département des sciences de l'éducation, et par Frederic Fappani, pédagogue jungien lui aussi chercheur en sciences de l'éducation.

Elle s'est développée à partir des idées de C. G. JUNG sur l'éducation.

«Notre problème éducatif souffre en somme de ne viser unilatéralement que l'enfant qu'il faut élever et de négliger aussi unilatéralement le fait que les éducateurs adultes n'ont pas été eux-mêmes éduqués. Après avoir terminé le cycle de ses études, chacun a l'impression d'en avoir fini avec l'éducation, d'être, en un mot, un adulte. Il ne peut certes en être autrement ; il faut qu'il soit résolument persuadé de sa compétence pour pouvoir affronter la lutte pour l'existence. Le doute et le sentiment d'incertitude le paralyseraient et l'entraveraient, ils enfouiraient la foi si indispensable en sa propre autorité et le rendraient inapte à l'exercice de sa profession. On veut l'entendre dire qu'il connaît son affaire et qu'il en est sûr, et non qu'il doute de lui-même et de sa compétence. Le spécialiste est condamné de façon absolue à la compétence. Personne ne peut développer la «personnalité» qui n'en a pas lui-même. Et ce n'est pas l'enfant, c'est seulement l'adulte qui peut atteindre à la personnalité comme fruit mûr d'une activité de vie orientée vers ce but. Car dans l'accès à la personnalité, il n'y a rien moins que le déploiement le meilleur envisageable de la totalité d'un être unique et spécifique. On ne saurait prévoir le nombre illimité de conditions qu'il faut remplir pour cela. Toute une vie humaine avec ses aspects biologique, social et psychique y est indispensable. La personnalité, c'est la suprême réalisation des caractéristiques innées de l'être vivant spécifique. La personnalité, c'est l'action du plus grand courage de vivre, de l'affirmation absolue de l'existant individuel et de l'adaptation la plus idéale au donné universel avec la plus grande liberté envisageable de décision personnelle. Élever quelqu'un en vue de cela me semble n'être pas une petite affaire. C'est probablement la tâche la plus haute que se soit donnée le monde moderne de l'esprit. [1]»

Le chemin

Il s'agit de l'acte réalisé par le pédagogue de s'autoriser à se mettre en chemin pour lui-même, mais de conduire le chemin de celui dont il a la charge. Ce qui ne peut se résumer qu'au simple respect de l'obligation du cadre professionnel. Ce mouvement personnel se met en place ou pas. Des chercheurs se sont intéressés a ceux qui faisait que ce processus existait ou pas chez les pédagogues. La pédagogie archétypale est le chemin suivi et a faire suivre. Elle est en premier lieu centrée sur l'éducateur. Cette idée prends sa source dans le terme de pédagogie dérive du grec παιδαγωγία, de παιδός (/'paɪdɔs/) «l'enfant» et ἄγω (/'a. gɔ/) «conduire, mener, accompagner, élever». En premier lieue, elle serait par conséquent étymologiquement un chemin a faire prendre aux enfants. Cependant la spécificité de l'"archetypal pedagogy" réside dans le fait qu'elle nécessite pour l'éducateur à avoir fait le cheminement de se connaître. En terme psychanalytique : une cure analytique, un travail sur soi, une psychanalyse.

Ce procédés trouve sa sources dans les œuvre de Carl Gustav Jung. Dans la préface à l'édition hébraïque de "Psychologie et éducation" de Jung, (1958) on pourra lire l'importance des apports de la psychologie analytique en ce qu'il y a d'original et de central : la place faite à l'éducateur qui doit apprendre à se connaître.

«La psychologie analytique a contribué à la connaissance : a) des adultes qui souffrent toujours d'infantilisme perturbant ; b) des relations complexes entre parents et enfants ; c) des enfants eux-mêmes. Les désordres psychiques des enfants sont le plus souvent liés à la psychologie ainsi qu'aux attitudes des parents et des éducateurs et on propose que principale question après l'éducation de l'enfant soit celle de l'éducation même de l'éducateur.»

Dans le cadre de la pédagogie archétypale, le chemin est tout à la fois : un état d'esprit, une autorisation de soi même et n'est pas une entrée en religion.

Le chemin : Un état d'esprit

Pour le fondateur de la pédagogie archètypale, Clifford Mayes, Éducateur et Apprenant, doivent être dans le même état d'esprit :

«L'éducation doit se faire avec esprit mais avec l'esprit de l'étudiant et du professeur. Ceux qui enseignent savent ceci instinctivement.»[2]

Faute de quoi, il y a quelques difficultés, liées à la compréhension, même de l'acte éducatif :

«Pourtant nombreux sont ceux qui ne connaissent pas, plusieurs des processus enjeux et exigés par la pratique éducative à l'ensemble des niveaux. Et ils ne considèrent pas cet état des plus fondamentaux à l'environnement d'Étude...»[3]

L'auteur n'hésite pas, à dire que parmi les approches envisageables, l'approche jungienne est la plus adaptée, en ce qui concerne les approches qualitatives :

«La meilleure possibilité pour examiner les dimensions non-quantifiables dans la situation éducative est la Psychologie des profondeurs. Car elle est enracinée dans le travail de Carl Gustav Jung, et offre à l'éducateur une manière particulièrement humaine et humaniste d'envisager de manière pratique les interactions avec les étudiants...»[4]

Le chemin : Son chemin plus qu'un chemin ?

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, l'auteur, nous parle du chemin à prendre. Par contre il prends le lecteur a parti :

«Je ne prône pas l'entrée dans telle ou telle approche, ça c'est votre affaire avec vous même, je vous ai proposé une manière de penser, de ressentir, d'ou alors, d'imaginer... mais il existe énormément d'écoles. Et même à vous de vous interroger si le fait de choisir une école et si nécessaire ? Par contre faire l'économie de soi, de la découverte de soi pour de vrai, n'est pas envisageable pendant particulièrement longtemps... c'est vous dire comment nous devons quelques peu nous nous ressembler ! Finalement, ce que j'espère c'est que pour certains ce livre soit «là, où votre aventure commença» et par conséquent normalement si j'ai bien travailler, vous avez rajouté dans votre grande aventure un nouvelle aventure. sauf à tomber malade ou être tout le temps dans le mal être.

Je ne peux tandis qu'inviter a consulter si vous en avez le besoin, le désir ou l'obligation. Certains parmi vous, découvrirons que je suis classé dans telle ou telle tendance. Si c'est votre cas, je vous invite à vous posez cette question «Et alors ça change quoi ?». En tout cas si j'ai «une paroisse» à défendre c'est la plus grande de toute et la plus belle, aussi naïvement que cela puisse paraître mais s'est actuellement une vrai militance que de le prétendre toujours, c'est celle de l'humanité. Si j'ai une voie a divulguer c'est celle qui consiste a suivre ce chemin qui va de votre naissance qui débuta le jour de naissance et qui finira le jour de votre mort : votre vie !

Chemin (voie) où vous penserez, ressentirez agirez, le meilleure comme le pire, le bien être comme le mal être. Et quelquefois dans ce chemin, la vie sera sans complaisance et sera même cruelle. Tout comme pourra l'être votre prochain et même les plus proches. Mais au moins se sera la voie de votre vie. Ce qui est déjà tout un programme et de nombreux bonheurs aussi en perspective.» [5]

Le chemin : Une autorisation noétique

L'autorisation noétique est un cheminement vers soi même. C'est un concept proche du concept d'individuation développé par carl gustav jung dans le cadre de la psychologie analytique. Le concept a été démocratisé par Joëlle Macrez-Maurel dans le cadre des sciences de l'éducation.

«En étudiant la vie de Jung nous nous apercevons que l'autorisation noétique, c'est-à-dire ce autorise l'individu d'atteindre sa plus haute réalisation ne surgit pas d'un coup mais forme un processus continu de transformation de soi, processus qui l'a accompagné tout au long de son existence et auquel il a été attentif. Il semble cependant y avoir eu des moments clés, des moments "flash" qui surgissaient d'un coup et dont Jung n'était pas responsable. Ces flashes provoquaient une compréhension entraînant une modification interne, une avancée du processus, ils semblent avoir été comme faisant partie du destin de l'individu. Les autres moments décisifs correspondent davantage à la résultante de choix successifs qu'on fait. Nous pouvons cependant nous interroger sur ce qui détermine nos choix, ce qui quelquefois nous pousse à faire un choix plutôt qu'un autre : est-ce la raison ou est-ce quelque chose qui plus est intuitif et qui correspond à un instinct auquel nous ne pouvons que nous soumettre ? [6]»

«L'autorisation noétique est un cheminement de connaissance de soi, un voyage intérieur (et/ou extérieur) durant lequel un processus interne et continu de transformation de Soi démarre quand l'individu s'ouvre (suite à un flash existentiel, une prise de conscience de son ignorance et de sa souffrance, ou à un questionnement sur le sens de la vie) à un profond désir de changement et se confronte à l'inconnu, rencontre des archétypes ou symboles numineux qui le touchent, l'ébranlent et lui dévoilent le réel derrière la réalité, l'esprit derrière la psyché, le monde ontologique derrière le monde des apparences, le monde de l'intelligence derrière le monde de la signification. [7]»

Les archétypes :

L archetypal pedagogy, qu'on pourrait traduire par "pédagogie des archétypes", s'inspire d'une part de la psychologie analytique et d'autre part du concept d'archétype. Elle conciste en une méthode d'exploration des archetypes presents chez le pedagogue mais également chez la personne guidée, au cours du cheminement pédagogique dont la découverte entraine des dépassements et des investissements nouveaux et bénéfiques tant chez le pedagogue que chez l'apprenant.

L'archetypal pedagogy est née de la psychologie analytique et de ses travaux sur les archétypes.

La psychologie analytique est une théorie élaborée par le psychiatre Carl Gustav Jung (1875 - 1961). Cette théorie se propose de donner du sens à se qu'ell'appelle l'âme (dispositif psychique) et propose une forme de développement de soi menant à la découverte de notre propre âme. Les termes pour la nommer sont : psychologie jungienne, psychanalyse jungienne, psychologie analytique. Certains ouvrages pour désigner cette psychologie parlent d'une psychologie des complexes (car elle s'y intéresse), ou encore, d'une psychologie des profondeurs (dans la mesure où elle s'intéresse à la profondeur de la psyché mais également donne une profondeur à la psyché).

Le terme d'"archétype" est issue de la psychologie analytique pour désigner des processus psychiques inconscients, ayant une importance dans la vie psychique du sujet. Ces processus ont des répercussions dans sa vie consciente, et peuvent être ramenés à la conscience du sujet, pour lui permettre de dépasser ses conflits, et de devenir plus adulte. Chaque sujet est porteur de , tendance et de catégories, qui lui sont propre et qui n'ont de sens que dans son histoire propre. La psychologie analytique sous l'impulsion de Carl Gustav Jung, a cependant identifiée, des tendances et des catégories, qui revenaient régulièrement dans les rêves ou les discours mais elle a pu aussi identifier l'expression de ces archétypes.

La rencontre avec les archetypes

Dans le cadre de cette théorie ils sont présentés sous la forme de personnages (enfant, homme, femme) et de catégories (tendance masculine, féminine, part d'ombre, etc. ). On doit cette forme de présentation au fait que les archétypes, quoiqu'ils n'apparaissent pas de manière consciente à la personne, sont présents sous la forme de personnages dans les rêves et tirent les ficelles dans la vie de la personne, tout au long de sa vie.

«Un archétype s'inscrit toujours dans une trame factice, avec des représentations à double emploi. L'archétype s'inscrit dans une trame de représentations apparentées entre elles, conduisant toujours à d'autres images archétypiques et se chevauchant constamment les unes les autres, et dont la totalité forme le singulier tapis de la vie.» in C. G. Jung, Sur l'Interprétation des rêves, Albin Michel, 1998 p 220.

Certaines catégories de ces personnages, parce qu'elles reviennent fréquemment dans les rêves, ont pu être identifiées par les analystes. Elles sont utiles dans la compréhension de soi et jouent un rôle dans le processus d'individuation (réalisation de sa personnalité vraie).

A titre d'exemple, les archetypes peuvent être aussi ce qu'on deteste de l'autre ou en l'autre, parceque on ne l'accepte pas de soi même par exemple. C'est une maniére de designer ce que recontre en lui, le pedagogue ou celui qui est accompagné sur le chemin qu'ils parcourent ensemble.

La rencontre

Dans le cadre de la pedagogy archetypal la recherche des archetypes est principale car il possède une force importante sur le pedagogue et sur le "guidé". La rencontre avec les archetypes est de deux ordres : Soit auprés du pédagogue soit auprés du guidé.

En général, dans la vie de l'ensemble des jours, la théorie dit que ces archétypes sont "une préforme vide".

En effet, l'archétype ne peut se représenter de lui-même. Il ne peut qu'organiser les comportements et processus psychiques dans le sens de son programme instinctuel, mais non se représenter a priori. Par exemple la femme sauvage ou le trickster ne se présentent pas de façon imaginaire et visible intérieurement pour le sujet.

«On doit toujours garder à la conscience que ce que nous voulons signifier par "archétype" est non représentable en soi, mais a des effets qui permettent des illustrations, lesquelles sont les représentations archétypiques.» (C. G. Jung, «Réflexions théoriques sur la nature du psychisme» (1946), in Les racines de la conscience, Buchet-Chastel, PARIS, 1971 p. 539)

Ainsi la mise à jour de tel ou tel personnage qui tire les ficelles en nous se fait par construction consciente, lente et graduelle. La théorie ne dit pas qu'une personne est un trickster ou une femme sauvage par exemple. Elle dit qu'il y a un processus dans cette personne dont la forme a l'apparence d'un trickster ou d'une femme primitive.

Dans le cadre de la clinique ou d'un travail sur soi, c'est d'ailleurs à la personne de trouver, chercher ses formes, ses personnages, la théorie ne dictant rien en la matière. Les personnages et les catégorisations sont dus au travail de Jung mais chacun est différent et il ne faut par conséquent pas chercher à coller à la théorie.

«Ceux qui ne se rendent pas compte de la tonalité affective spécifique de l'archétype ne se retrouveront qu'avec un amas de concepts mythologiques, qu'on peut probablement assembler de manière à montrer que tout a un sens, mais également que rien n'en a. Les cadavres sont tous chimiquement semblables, mais les individus vivants ne le sont pas. Les archétypes ne se mettent à vivre que quand on s'efforce patiemment de découvrir pourquoi et comment ils ont un sens pour tel individu vivant.» in C. G. Jung L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 96.

La force des archétypes : un pattern of behaviour

Cette force est dites quelquefois de pattern of behaviour (motif comportemental) car elle organise non seulement les perceptions, représentations et processus psychiques, mais également l'activité et les comportements du sujet, son expérience du monde. Jung insiste à de nombreuses reprises sur la parenté entre son concept d'archétype et le concept biologique de pattern of behaviour, comme en témoigne ce qu'il rédigé le 13 février 1954 au Pr. G. A. von den Bergh.

Le terme d'"Archétype" est quasiment synonyme du concept biologique de pattern of behaviour. Mais comme ce concept renvoie avant tout à des phénomènes extérieurs, j'ai choisi pour le pattern of behaviour le terme d'"archétype". Nous ne savons pas si le tisserin a la vision d'une image intérieure quand il se conforme, en construisant son nid, à une structure formelle reçue d'une antique hérédité, mais tout ce que nous avons d'expérience nous assure qu'aucun tisserin n'a jamais découvert lui-même son nid. Tout se passe comme si l'image du nid à construire naissait avec l'oiseau.» in C. G. Jung, Correspondance 1950-1954, Paris, Albin Michel, 1994, pp. 219-220.

C'est en effet l'expérience qui prime sur la représentation — l'expérience, c'est-à-dire la totalité complexe des éprouvés vécus par le sujet dans une situation elle-même complexe.

«Les archétypes sont par conséquent doués d'une initiative propre et d'une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, apporter dans la forme symbolique qui leur est propre, une interprétation chargée de sens, et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées. A cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et fréquemment, ils s'opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante. On peut percevoir l'énergie spécifique des archétypes quand on a l'occasion d'apprécier la fascination qu'ils exercent. Ils semblent jeter un sort.» in C. G. Jung, L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 78/79.

On comprends par conséquent pourquoi en pédagogie, tel ou tel archétype peut être un moteur ou un frein, dans la réalisation de soi même ou d'activité.

La recherche archétypale

La recherche archétypale est le travail que fait le pédagogue pour se comprendre en identifiant des tendances en lui. Il peut alors les dépasser et peut s'autoriser aussi a les envisager chez l'apprenant.

Définition

Si elle est travail sur soi, il faut la distinguer de la recherche sur les archétypes faite par les analystes et n'a rien avoir non plus, avec l'idée d'une sorte d'héritage culturel qui serait transmis génétiquement.

Si la psychologie analytique, sous l'impulsion de Carl Gustav Jung, a pu identifier l'expression de ces archétypes dans la culture et en a fait des catégories, cela ne veut pas dire que les archétypes sont des motifs mythologiques présents en nous dont nous serions les héritiers :

«On croit fréquemment que le terme "archétype" sert à désigner des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien d'autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage». in C. G. Jung L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 67.

Il s'agit de catégorisations, de tendances en nous qui, si on en prend conscience, nous permettent de mieux nous connaître, de nous comprendre et d'agir :

«L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut fluctuer énormément dans les détails, sans perdre son schème essentiel.» in C. G. Jung, L'homme et ses symboles, Robert Laffont, 1964 p 67.

Ce n'est qu'un fois cela fait, que le pédagogue peut s'autoriser a chercher sur le "guidé" dans la mesure où il sait de quoi il s'agit.

Le travail du pédagogue à se connaître a lieu en clinique auprés d'un confrére ou auprés d'une surpervision. Avec le temps de nombreux archetypes sont connus et appréhendés par le pédagogue qui agit alors avec de plus en plus d'expérience. On ne peut s'en tenir a la simple lecture d'ouvrage théorique pour mettre en place cette technique puisque la rencontre avec un archetype a lieu en soi et sur le plan psychique et non pas sur le simple plan intellectuel.

Les archetypes rencontrables

Dans le cadre de la psychologie jungienne, il est envisagé que les individus sont porteurs en eux-mêmes d'une part d'eux-mêmes qui s'appelle l'ombre. Si on devait en donner une définition courte on pourrait dire que «l'ombre est un des principaux archétypes décrits par Carl Gustav Jung dans le cadre de sa psychologie analytique. Elle est un «Éternel antagoniste», qui est à l'origine de nombreux conflits psychiques, tant interne qu'externe, en même temps qu'il impose au sujet de se confronter à ce qu'il veut ignorer de lui-même, et que de cette confrontation peut naître une forme d'éveil.». «L'ombre est quelque chose d'inférieur, de primitif, d'inadapté et de malencontreux, mais non de totalement mauvais.» «Il n'y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n'y a ni progression, ni ascension.» [8]

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, nous parle de la part d'Ombre. Pour resituer le propos, il faut comprendre, ici, que l'image de l'arbre renvoit comme le précise l'auteur dans son ouvrage, au systéme psychique, à l'âme et ce qui se passe dans l'arbre à la vie intérieure. Dans ce passage l'auteur nous parle du conflict avec l'Omnre. Il appelle l'ombre, tout simplemnet : le personnage Ombre.

«Le conflit avec l'Ombre peut prendre quelquefois l'aspect d'une terrible guerre intérieure, où tout parait en flamme... Et nous sommes là quelquefois gisant à même le sol... comme prisonniers de nos propres armes de guerre dirigées contre nous-mêmes. L'ombre pouvait faire par conséquent la guerre ! Que devais faire l'arbre ? Face à la guerre de la part d'ombre ? Face à cette emprise de l'ombre sur sa propre maitrise et sa vie ? Face à ce pouvoir de l'ombre ? Face à ce danger potentiel de l'ombre ? Mais également que faire face à ses ennemis de l'extérieur qui ressemblaient a l'ombre comme deux gouttes d'eau ? Mais également face à lui-même ainsi qu'à son apparente fragilité dans le face à face à l'Ombre ? L'arbre avait compris que face a un conflit on ne peut s'en sortir que par le haut, il décida par conséquent d'une part de s'avouer les choses qui lui était ou avait été désagréables, il décida par conséquent de quelquefois entrer dans la lutte face à l'ombre en surenchérissant le plus qu'il le pouvait a chaque chose que l'ombre apparut et qu'elle fit quelque chose ou qu'elle fit apparaitre quelque chose au sein de l'arbre. Il prit le partie pris de se dire que le processus d'une lutte peut être paradoxalement quelques peu humanisant. Quelquefois cela prenait une forme de dialogue avec l'ombre... lui qui n'aurait pas voulu ne serait ce même que lui dire qu'un mot quelques temps jusque là. Pour gagner quelques parties, il devrait se montrait souple avec ses principes sans y perdre trop de plumes. A propos de plume, il prit même la plume légèrement comme en cachette, pour écrire les stratégies de l'ombre pour mieux lutter. Il compris bientôt que le conflit ne s'arrêterait jamais tant qu'il serait vivant, mais que par contre il pourrait se servir de ce conflit comme d'une source d'enseignement pour se poursuivre à être en paix avec lui-même, les autres et a s'autoriser a des activités créatrices.», [9]

Le terme d'enfant intérieur est un terme à l'origine issu de la psychanalyse jungienne, mieux appelée psychologie analytique. On l'appelle quelquefois de son nom latin : puer æternus, mais il connaît en fait de nombreuses appellations : l'enfant intérieur, le puer æternus, l'enfant éternel, l'éternel enfant, le fripon divin et même Trickster, chacune de ces appellations rendant alors raison à l'une de ses caractéristiques. l'enfant intérieur est à une articulation : l'homme y trouvera de son Anima et de son Ombre légèrement aussi de Trickster. La femme y trouvera de son Animus, elle aussi de son Ombre et légèrement aussi de Trickster.

Les figures féminines de la catégorie Anima se révèlent généralement aux hommes. C'est pourquoi on l'appelle la part féminine de l'homme. Dans le cadre de la clinique, ou simplement en suivant ses rêves, jour après jour, sur une longue période, et en prenant conscience de cette part féminine, ces personnages qu'il a en lui, le masculin réel de l'homme se met à se développer. Ce processus s'appelle l'individuation.

L'aboutissement de cette réalisation se fait généralement, par la rencontre avec la figure de la femme sage vers la fin du processus. Les personnages masculins (bien que relevant généralement de la psyché féminine) apparaissant quelquefois dans l'homme au cours de ce processus.

Constituant l'anima, la part féminine, de l'homme on peut trouver :

Chaque niveau correspond a un niveau de maturité psycho-affective. "L'anima du quatrième niveau, stade le plus élevé correspond à une sagesse transcendante, sous l'image d'Athena, la sophia des gnostiques, les initiatrice et les muses. La dimension féminine entre en étroite relation avec la dimension masculine[10]. " «Les éléments du monde intérieur nous influencent subjectivement de façon d'autant plus puissante qu'ils sont inconscients ; aussi, pour quiconque est désireux d'accomplir un progrès dans sa propre culture (et n'est-ce pas chez l'individu isolé que la culture commence ?), est-il indispensable d'objectiver en lui les efficacités de l'anima, pour tenter de découvrir quels sont les contenus psychiques à l'origine des efficiences mystérieuses de l'âme. De la sorte, le sujet acquerra adaptation et protection contre les puissances invisibles qui vivent en lui[11]

Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, non sans une certaine ironie, l'auteur, nous parle de l'anima de l'Homme (il lui a donné ici, le nom de Fémina)  :

«Par exemple persuadée d'être belle, forte avec une certaine hauteur, il n'est pas rare de l'ou alors vociférée, être agressive, manipulatrice, froide et dure, c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni avec classe ni avec réelle hauteur et elle n'est finalement que dans un narcissisme lourd et malsain pour elle-même et envers les autres sans le savoir. Du coup elle ne s'aime pas vraiment ni même les autres sans savoir pourquoi !

Elle se comporte alors comme la pire des viragos ou à la manière des «mauvais» taverniers de jadis... légèrement comme la mère Thénardiére de notre bon vieux Hugo, face à la pauvre cosette. A ces moments là (quelquefois cela peut durer des années) il ne vaut mieux pas l'approcher pour notre propre équilibre et notre tranquillité de vie. Selon les informations que j'ai... en ce moment cela va plutôt bien pour fémina ! Ouf ! Nous n'avons pas a y faire face... sur son versant «virago» ou «mégère»... restons tout de même sur nos gardes cependant. Mais attention cette influence du personnage Ombre dans son enfance n'est pas l'unique comme je vous le disais et tout autant elle peut être virago tout autant elle peut être sublime si l'influence du personnage lumière voie le jour en elle .

A ces moments elle devient lumineuse, se comporte avec hauteur, beigne dans les idées les plus humanistes, les plus créatrices et les partages avec les autres, elle se montre alors créative, aimante, bienfaisante et attire le bonheur tout autant qu'elle sait le dispensé autour d'elle. Elle peut sous cette forme nous apporté énormément lorsque nous la croisons mais là aussi attention. En effet la perfection n'étant ni de ce monde ni du monde l'arbre, cette sublime fémina, sublimante et sublimeuse (je vous laisse réfléchir a cette hauteur et cette profondeur de sublima) qui pour être ainsi s'est comme donné entièrement au personnage lumière comporte alors, en elle-même, une part d'inachevé et de non elle-même, dans la mesure où il s'agit d'un autre personnage. Par conséquent un manque d'avènement d'elle-même qui pourrait vous en couter de suivre... sauf a faire comme elle ainsi qu'à ne pas advenir vous même et de vous aliéner a elle !» [12]

Les figures masculines de la catégorie de l'animus jouent le même rôle chez la femme que celle de l'anima chez l'homme. C'est pourquoi on l'appelle la part masculine de la femme. Le processus d'individuation et l'acceptation de cet état de fait, aussi complexe pour la femme que pour l'homme, conduit aussi a un aboutissement de réalisation de soi par le processus d'individuation. De la même manière une rencontre à lieu au final, mais avec l'homme sage.

Comme le dit Elysabeth Leblanc dans son "psychanalyse jungienne" :

«Constituant l'animus, la part masculine de la femme, on peut trouver :

Chaque niveau correspond à un niveau de maturité psycho-affective. Dans son ouvrage, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Fappani Frederic, non sans une certaine ironie, l'auteur, nous parle de l'animus de la femme (il lui a donné ici, le nom de Masculinus)  : «Masculinus est un être fier et cette fierté contient en elle-même à la fois sa force et sa faiblesse. En effet ce dernier aime particulièrement très fortement cet attribut qu'on appelle la «fierté». Cet amour qu'il donne à la fierté est inconditionnel et total. Cet amour pour sa fierté naturelle le rends fragile et fort à la fois. Fragile car qu'on se présente devant lui, qu'on tiennent des propos dévalorisant contre sa fierté, qu'on s'exerce à la critique strictement négative, ou qu'on en rigole, qu'on ne lui attribut pas ses vraies capacités sous prétexte qu'il serait fier et cet amour peu alors être blessé. On pourrait même dire, qu'en un sens les imbéciles lui sont douloureux. En effet les imbéciles qui ne verraient ici, que du négatif en lui à être fier pour être fier et qui n'y verrait pas de force seraient dans la dénégation même de ce qui fonde l'humanité de masculinus et les imbéciles (c'est dans leur nature) se fermeraient ainsi à une réalité. D'ailleurs et pour la petite histoire masculinus a aussi grande peine pour ceux qui son aliénés de la sorte a ne pas être ouvert à la réalité car il sait pertinemment qu'une fermeture au réel c'est toujours légèrement une aliénation et même lorsqu'elle est fortement répandue. Cette fermeture des imbéciles est douloureux à masculinus et en cela sa fierté est source de fragilité. Mais à l'inverse sa fierté comporte une très grande force. Chargé d'amour et de fierté, il peut accomplir de grandes choses, au sens où il accomplie des activités pleine d'humanité et comportant de fortes valeurs humaines ajoutées : l'amour, l'élévation, la création, la sublimation etc. et il est capable grâce a sa fierté, d'en faire profiter les autres. Dans cette partie du paysage, masculinus et ses ancêtres ont battis l'ensemble des routes, l'ensemble des maisons, pas un mètres carrées qui vous entoure ici et même chaque mètres carrées du sol a été travaillés depuis les temps anciens par lui et ses ancêtres.» [14]

Notes
  1. C. G. Jung, PSYCHOLOGIE ET EDUCATION, Buchet Chastel, Paris 1963
  2. Clifford Mayes, Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, Rowman & Littlefield, 2005
  3. Clifford Mayes, Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, Rowman & Littlefield, 2005
  4. Clifford Mayes, Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, Rowman & Littlefield, 2005
  5. Frederic Fappani, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  6. in l'autorisation nœtique, Par quels cheminements peut-on entrer dans un processus d'évolution conduisant vers un plus être ?, Joëlle Macrez-Maurel
  7. Joëlle Macrez-Maurel, S'autoriser à cheminer vers soi. Aurobindo, Jung, Krishnamurti, Paris éditions Vega, 2004, 327 pages
  8. in C. G. Jung «L'Âme et la vie», LGF - Livre de Poche, 1995 (ISBN 2-253-06434-3) . L'ouvrage L'Âme et la vie est constitué de textes essentiels de Carl Gustav Jung, réunis et présentés par Jolande Jacobi, introduits par Michel Cazenave.
  9. in Fappani Frederic, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  10. La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002
  11. C. G. Jung " Dialectique du moi et de l'inconscient ", Idées / Gallimard, 1973 p 178.
  12. Frederic Fappani, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  13. Elysabeth Leblanc, La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002
  14. Frederic Fappani, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.

Auteurs

  1. Clifford Mayes, Psychologue a posé les éléments théoriques pour une pédagogie archétypale. Ouvrage : Jung and education : elements of an archetypal pedagogy, éd. Rowman & Littlefield, 2005
  2. Frederic Fappani est un pédagogue jungien et chercheur en sciences de l'éducation. Ouvrage en français : La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  3. René Barbier, Universitaire et chercheur en sciences de l'éducation
  4. Patrick Estrade est psychologue et pédagogue jungien. Il s'est connaître dans les années 1980, pour avoir développé une approche autour du concept d'école de la vie et d'être aller jusqu'à envisager la réalisation d'une structure expérimentale.
  5. Carole Sédillot est pédagogue jungienne. Fondatrice d'un centre de recherche sur le symbolisme.
  6. Jean-Daniel Rohart est professeur dans l'enseignement public français et pédagogue jungien. Il a produit de nombreux rédigés sur les approches jungiennes envisageables au sein de l'éducation nationale.

Education selon Carl Gustav Jung
  • Carl Gustav Jung, Le développement de la personnalité. Préface à l'édition hébraÏque de "Psychologie et éducation" de Jung (1958) in Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol. 18. Princeton University Press, 1976.904 p. (p. 822), (§1822-1824). )
  • Carl Gustav Jung, Psychologie et éducation, Éditeur : Buchet Chastel (1 avril 1994), Langue : Français, (ISBN 2-70201-348-1) et (ISBN 978-2-70201-348-9)
  • Carl Gustav Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol. 18. Princeton University Press, 1976.904 p. (p. 822), (§1822-1824).

Péres fondateurs de l'archetypal pedagogy

  • Clifford Mayes, Jung and education; elements of an archetypal pedagogy, , Rowman & Littlefield, 2005
  • Clifford Mayes, Inside Education : Depth Psychology in Teaching and Learning (Paperback)
  • Frederic Fappani, La cabane aux paysages, «voyage en archetypal pedagogy», Paris, Janvier 2009.
  • Frederic Fappani, L'acte éducatif pour quoi et pour qui ?, éd. Lien social., Numéro 572, 12 avril 2001
  • Frederic Fappani, Les dossiers de l'éducation, Violence à l'école, Les objets sociomédiatiques ", éd. Cursus (2002)

Autres auteurs

  • David Lucas, «Carl Gustav Jung et la révolution copernicienne de la pédagogie», Le Portique, Numéro 18 - 2006.
  • Carole Sédillot, " La quête du soi : les 12 travaux d'Hercule", Éditeur Dervy, 11 Juin 2007.
  • Carole Sédillot, "Abc du symbole", Éditeur Grancher, 1 Février 2007
  • Carole Sédillot, "Abc de la psychologie jungienne", Éditeur Grancher, 7 Mai 2003
  • Jean-Daniel Rohart, Action éducative et éthique. Pour un compagnonnage des acteurs de la relation éducative. L'Harmattan, 2001.
  • Jean-Daniel Rohart, La vie et l'éducation. Suivi de Comment réenchanter l'école ? L'Harmattan, décembre 2005. L'Harmattan, 2005
  • Patrick Estrade, Comment je me suis débarrassé de moi-même, éditions Robert Laffont (2004)
  • Patrick Estrade, Ces souvenirs qui nous gouvernent, éditions Robert Laffont (2006).

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 31/03/2009.
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